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Raconter la guerre : comment décrire les combats ?

juil 24, 2014
admin

Les combats créent une « génération de feu », qui partage une expérience collective de la guerre, mais ils représentent aussi un traumatisme vécu de manière personnelle par chacun des mobilisés. Ils sont près de 128 000 hommes en Loire-Inférieure, d’à peine vingt ans jusqu’à près de cinquante, et leurs  témoignages racontent de façon plurielle le quotidien des combats. Carnets personnels tenus au jour le jour, correspondances, poèmes, rapports officiels constituent autant de formes variées de récits, rédigés avant l’assaut, juste après, à l’arrière ou en convalescence. Ces soldats, nourris à l’école républicaine, deviennent, sans le savoir, les témoins au cœur du conflit, particulièrement au moment où les tranchées apparaissent.

Après l’échec, fin 1914, d’une guerre de mouvement très meurtrière pour l’infanterie, les armées s’enterrent dans une guerre de position qui dure jusqu’au début de l’année 1918. Le front est alors stabilisé de la mer du Nord à la frontière suisse et, faute de pouvoir le percer durablement, les états-majors décident de pratiquer une guerre d’usure et de saigner l’ennemi lors de grandes offensives, toutes vouées à l’échec, telles la bataille de Verdun ou l’offensive de la Somme.

Le secteur de Verdun est, de février à décembre 1916, le théâtre d’une bataille qui voit se relayer tous les régiments de l’armée française et représente, pour la mémoire combattante et collective, le symbole de l’enlisement du conflit. Avec l’utilisation des gaz asphyxiants, des mitrailleuses, des lance-flammes, de l’artillerie lourde mais aussi de l’aviation pour la reconnaissance puis pour les bombardements, le bilan humain est effroyable : près de 500 000 soldats meurent en dix mois.