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Mourir pour la France : Comment gérer la mort de masse ?

juil 24, 2014
admin

La Grande Guerre provoque une saignée démographique sans précédent : la Loire-Inférieure, avec 25 600 tués, perd près de 4 % de sa population de 1914. Les autorités sont amenées à mettre en œuvre une organisation à la mesure de la mort de masse : il faut d’abord identifier les tués lors de batailles où les soldats sont souvent méconnaissables, du fait de l’utilisation intensive de l’artillerie, quand ils ne sont pas purement et simplement disparus, ensevelis dans une tranchée, restés dans le no man’s land… Lorsque la preuve de la mort est avérée, il faut ensuite transmettre la nouvelle du décès à la commune d’appartenance du soldat, à ses proches en essayant de ménager autant que possible la peine de la famille du défunt, désormais confrontée à la « mort pour la France ».

Pour cela, l’État inscrit le sacrifice dans une expérience collective du deuil, dans une célébration communale et nationale. L’inscription « mort pour la France » en marge des actes de décès, le diplôme de « mort pour la patrie », les tombes, les monuments aux morts sont autant de moyens d’assurer le souvenir, susciter l’héroïsation du soldat et la reconnaissance de la nation pour un sacrifice dont le but ultime, au regard de la douleur de l’absence, échappe parfois aux familles.