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Interner : Pourquoi enfermer certains étrangers ?

juil 24, 2014
admin

Dès la déclaration de guerre, la question de l’internement des étrangers est posée. La guerre modifie les statuts des personnes et le voisin d’hier devient un ennemi potentiel, s’il est ressortissant d’une nation en guerre contre la France.

L’internement devient alors la règle. Le gouvernement ordonne le regroupement des étrangers dans l’ouest et le sud-ouest puis ouvre des « camps de concentration » appelés aussi « dépôts d’étrangers ». Le camp de Guérande, situé dans les locaux du petit séminaire, est le plus vaste du département. Il s’intègre dans un dispositif plus vaste à l’échelle de la France (70 sites sont ouverts sur l’ensemble du territoire). Destiné aux familles  ou aux individus isolés, le camp de Guérande n’a pas de caractère disciplinaire, mais il n’en reste pas moins sous surveillance militaire et la privation de liberté est son objectif premier. La diversité des nationalités présentes, des catégories sociales, des âges et des sexes font de ce camp d’environ 400 prisonniers une microsociété avec ses règles, ses restrictions, son quotidien. La vie à l’intérieur du camp est rythmée par le travail des détenus (artisanat, agriculture, micro-industrie…), mais aussi par des spectacles et des compétitions sportives. Les internés gèrent donc eux-mêmes une large partie de leur temps.

La notion de concentration des populations civiles est un fait admis par l’administration et la population. L’internement préventif illustre l’idée que la Première Guerre mondiale est une guerre des nationalités, plus qu’un conflit idéologique. Dans cette guerre du nationalisme exacerbé, les autorités organisent le contrôle, la surveillance des suspects intégrant même dans sa définition vieillards, femmes et enfants.