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Faire face à la mort : Comment les familles affrontent-elles la mort ?

juil 24, 2014
admin

La mort de masse crée un « deuil de masse » au quotidien. Pour les soldats, chaque assaut peut être le dernier tandis qu’à l’arrière, l’attente et l’angoisse de la mort pèsent sur toutes les familles. L’État organise de nouvelles solidarités. Des allocations ou pensions sont versées par les services départementaux aux veuves de guerre. En instituant le statut de pupille de la Nation en juillet 1917, l’État prend le relais des soutiens apportés dès 1914 par des associations. Il adopte désormais les enfants orphelins de père et de mère mais aussi ceux dont le père, la mère ou le soutien de famille sont dans l’incapacité d’assurer leur subsistance « par suite de la guerre ». Il pourvoit à leur éducation jusqu’à leur majorité.

Ces veuves et orphelins deviennent de nouvelles figures de guerre. Leur nombre est très élevé en France, avec 630 000 veuves et 750 000 orphelins. En Loire-Inférieure, une enquête du printemps 1916 recense 3 664 orphelins « de militaires », c’est-à-dire du fait des tués à la guerre et, dans les années 1920, plus de 11 000 enfants du département ont le statut de pupille de la Nation.

Les familles sont véritablement les victimes indirectes du conflit et leurs malheurs participent à ancrer la guerre et sa violence dans le quotidien et dans la société, pour un temps long. Dans l’Entre-deux-guerres, les veuves et les orphelins contribuent ainsi largement à justifier le courant pacifiste, car ils incarnent l’injustice et la violence du conflit, en faisant vivre la mémoire des disparus par des célébrations individuelles et collectives.